Femmes extrêmes
D’où viennent les trois femmes à la tête de l’extrême droite en Europe ?
Nées à la fin du baby-boom, héritières de l’émancipation des années 1960, elles sont la vitrine féminine de partis réactionnaires, à l’extrême droite. Pourtant qui aurait parié sur elles au début des années 2000, quand la mondialisation s’imposait partout, que l’Europe s’élargissait à l’Est et se dotait d’une monnaie commune?
Marine Le Pen n’était pas la successeure désignée. Délaissée par sa mère, elle a divorcé deux fois et a rompu avec son père. Alice Weidel a travaillé pour Goldman Sachs et pour la Bank of China en Chine, elle est en couple avec une femme d’origine sri-lankaise avec qui elle a eu deux enfants. Giorgia Meloni, abandonnée par son père communiste et élevée par sa mère, s’est engagée jeune dans le parti néofasciste et vit seule avec sa fille.
Près de vingt ans après, Marine Le Pen, Giorgia Meloni et Alice Weidel sont les trois figures de proue, très différentes, d’une vague extrême qui domine l’Europe. Le cordon sanitaire hérité de l’après-guerre s’est rompu. Leurs passions embrasent toutes les colères. La guerre de Poutine les met à nu. En retraçant leur ascension, et leurs paradoxes, Marion Van Renterghem raconte notre histoire, celle d’une Europe stupéfiée par un grand basculement.