Le manifeste qui donne envie d’assumer la romance.
Les romances, ces love staries à la fin heureuse, sont méprisées depuis toujours. On raille leurs lectrices qui seraient « fleur bleue», naïves ou fragiles. Depuis #MeToo et l’essor spectaculaire de la romance contemporaine, les critiques redoublent. Ces récits, accusés de glorifier des rapports de domination et de nourrir des fantasmes toxiques, seraient dangereux. Mais dangereux pour qui ?
Grande lectrice de romance, Christine van Geen renverse l’accusation: et si la romance faisait peur parce qu’elle est l’un des rares espaces conquis par les femmes pour explorer leurs désirs, mettre en scène leurs peurs, rejouer les blessures et imaginer d’autres fins ? C’est à partir de son propre goût pour le genre que l’autrice réfléchit à ce qu’il apporte et s’interroge sur les questions posées par certains récits problématiques.
Genre populaire par excellence, la romance est un laboratoire intime et politique, bien plus riche et complexe qu’on ne le prétend. Il raconte les traces laissées en nous par les violences sexistes et sexuelles ainsi que notre capacité à nous en relever, à travers des récits de plaisirs qui permettent de réinvestir le corps. Ces fantasmes réparent ce que le réel abîme, enclenchant le désir d’un autre monde.